« Un chat, ça ne s’éduque pas. » Si tu as déjà essayé d’apprendre quelque chose à ton chat, tu as sûrement entendu cette phrase. Moi, quand Poppy est arrivée, je ne connaissais que l’éducation canine. Des années à éduquer mes chiens, beaucoup de lectures, et deux border collies à la maison, Kala et Kirua.
Du coup, j’ai fait la seule chose que je savais faire. J’ai éduqué Poppy comme mes chiens. Aujourd’hui, elle vient quand on l’appelle, s’assoit, reste, monte sur mon épaule, rentre dans son sac sur demande et nous suit en rando. Dans cet article, je te montre comment éduquer son chat comme un chien. Notre méthode, ce qui marche exactement comme avec un chien, et ce qu’il faut adapter pour un chat.
Peut-on vraiment éduquer son chat comme un chien ?
Oui, pour la méthode. Un chat apprend avec les mêmes outils qu’un chien, un marqueur, une récompense et des petites étapes. Non, pour les attentes. Ton chat n’apprendra pas pour te faire plaisir, il apprendra parce que ça en vaut la peine pour lui. Il lui faut plus de patience, la bonne récompense, et le droit de dire non.
Je précise que je ne suis ni comportementaliste ni éducatrice féline. Ce que je te partage, c’est ce que j’observe avec Poppy, et ce que j’ai transposé de l’éducation de mes chiens.
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Notre méthode en trois étapes, la même pour chaque commande
Que ce soit pour « viens », « assis », « reste », « tourne », l’épaule ou le sac, on suit toujours le même chemin. C’est celui que j’utilisais déjà avec mes chiens.
Étape 1. Guider le geste avec une friandise
On commence par leurrer. Tu tiens une friandise dans la main, et tu t’en sers pour guider ton chat vers le geste que tu veux. Pour « assis », par exemple, tu fais passer la friandise au-dessus de sa tête. En la suivant des yeux, il a tendance à s’asseoir. À ce stade, tu ne dis aucun mot. Tu guides, tu récompenses, c’est tout.
Étape 2. Le même geste, la main vide
Quand ton chat fait le geste facilement en suivant ta main, tu refais exactement la même chose, mais sans friandise dans la main. Et tu le récompenses avec l’autre main. Il comprend que la récompense ne vient plus de la main qui guide, mais qu’elle arrive quand même s’il fait ce que tu attends.
Étape 3. Ajouter le mot, en dernier
Une fois que c’est bien acquis, tu ajoutes la commande verbale, tout en gardant le geste. Petit à petit, tu pourras utiliser seulement le mot, ou seulement le geste, selon la situation. Attention, les premières fois, dis la commande au moment où ton chat exécute l’action, et pas avant. Pour « assis », c’est au moment où ses fesses touchent le sol que tu dis le mot.
Pourquoi le mot en dernier ? Parce que si tu répètes un mot que ton chat ne comprend pas encore, il risque de l’associer au fait de ne rien faire. Le mot arrive quand le geste est déjà là.
Ce qui marche exactement comme avec un chien
Le renforcement positif, avec la bonne récompense
Le renforcement positif, c’est récompenser ton chat quand il fait ce que tu attends de lui. Un comportement récompensé a plus de chances de se répéter, alors ton chat apprend à le refaire. Pas de punition, pas de force. Il apprend parce qu’il y gagne quelque chose, et il associe l’apprentissage à un bon moment. C’est la base de l’éducation de nos chiens, et c’est exactement pareil pour Poppy.
Tout l’enjeu, c’est de trouver la bonne récompense, et ça aussi, c’est vrai pour les chiens. Toutes les récompenses n’ont pas la même valeur. Certaines motivent un peu, d’autres font des miracles, et chacune a sa situation.
D’habitude, on entraîne Poppy avec des croquettes prises sur sa ration du jour, ou des petites friandises lyophilisées. Ça évite de lui donner trop de friandises. Quand un exercice coince, parce qu’elle n’a pas envie de travailler ou qu’elle ne comprend pas, on sort les friandises à haute valeur. Pareil dehors, où il y a beaucoup plus de distractions qu’à la maison. Pour Poppy, ce sont les friandises en tube, type Churu. Elle en est absolument dingue.
Un marqueur, le clicker ou le « oui »
Un marqueur, c’est un signal qui dit à ton chat « c’est exactement ça ». Il marque le moment précis où ton chat fait le bon geste, même si la récompense arrive une ou deux secondes plus tard. Sans lui, ton chat ne sait pas toujours ce qu’on récompense.
Ce signal peut être le son d’un clicker, ou un mot court comme « oui ». Au départ, il ne veut rien dire pour ton chat. Il faut d’abord le « charger ». Tu cliques, tu récompenses, tu cliques, tu récompenses, plusieurs fois de suite, sans rien demander. Ton chat comprend que ce son annonce une récompense. Ensuite, tu peux t’en servir pendant les exercices.
Au début, on a entraîné Poppy au clicker, et ça nous a rendu les débuts beaucoup plus faciles. Aujourd’hui, on utilise plutôt un « oui ». Il a la même fonction, et on a toujours sa voix avec soi. On a fait pareil avec Kala et Kirua, le clicker au début, la voix ensuite.
Des séances courtes et régulières
Mon plus grand conseil si tu veux éduquer ton chat (ou ton chien), c’est d’être assidu, surtout au début. Deux à trois séances de cinq minutes par jour, tous les jours. C’est cette régularité des débuts qui ancre les apprentissages, et qui habitue ton compagnon à travailler et à réfléchir.
La désensibilisation, pour ce qui lui fait peur
J’ai appliqué à Poppy les mêmes principes de désensibilisation qu’à mes chiens. Quand quelque chose lui fait peur, un chien, une voiture, un bruit, on se place assez loin pour qu’elle puisse l’observer en restant calme. Et on récompense ce calme. Puis, séance après séance, on réduit petit à petit la distance. Si elle montre de la peur, on reprend un peu de distance.
L’idée, c’est qu’elle associe ce qui lui faisait peur à quelque chose d’agréable, sans jamais la mettre en difficulté. Les vétérinaires comportementalistes appellent ça la désensibilisation, ou le contre-conditionnement.
Sortir tous les jours
On a promené Poppy comme on aurait promené un chien, tous les jours ou presque. Si tu sors ton chat un petit peu chaque jour, la sortie fait partie de son quotidien. Ce n’est plus un grand événement impressionnant qui arrive une fois par mois, c’est juste la routine. C’est comme ça que Poppy a pris confiance dehors, et qu’on a pu passer petit à petit au suivi naturel.
Ce qu’il faut adapter pour un chat
Un chat travaille pour lui, pas pour te faire plaisir
Les chiens ont été sélectionnés pendant des milliers d’années pour vivre et travailler avec l’humain. Un border collie comme Kala ou Kirua, c’est ce qu’on appelle un chien non décisionnaire. Il s’appuie sur son humain pour savoir quoi faire, et il adore travailler avec lui. Le chat, lui, n’a jamais été sélectionné pour ça.
Du coup, ton chat ne travaillera pas pour te faire plaisir. Il travaillera pour lui. S’il voit qu’il gagne quelque chose en échange, il s’y met. C’est pour ça que la récompense est encore plus importante avec un chat. Des friandises, ou le jeu, selon ce que ton chat préfère.
Revoir ses attentes à la baisse
Avec un chat, le rythme est beaucoup moins soutenu qu’avec un border collie. Il apprend plus lentement, et il avance plus lentement, surtout parce qu’il prend le temps d’observer. Comme prédateur, il s’arrête pour guetter un insecte ou une souris. Comme proie, il se fige au moindre bruit qu’il ne sait pas situer, et vérifie qu’il est en sécurité avant de repartir.
C’est à toi de t’adapter à son rythme. Pour l’épaule par exemple, une fois la commande acquise à la maison, on l’a retravaillée dehors, et au début, je marchais très lentement avec Poppy sur l’épaule.
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Les commandes qui nous servent vraiment en balade
Son prénom, avant tout
Avant toute commande, on a appris à Poppy son prénom, dès son premier jour à la maison. C’est la base de tout le reste.
« Viens », au doigt
C’est la première vraie commande qu’on lui a apprise, une semaine environ après son arrivée, et elle l’a comprise très vite. Tu tiens une croquette entre ton majeur et ton pouce, tu la mets sous le nez de ton chat, puis tu recules ta main en agitant rapidement ton index. Il a envie de venir chercher la croquette, et il te suit.
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C’est ce qu’on appelle aussi du finger targeting. C’est à dire, apprendre à ton chat à suivre ton doigt. Et c’est pour ça que je te conseille de commencer par elle. Une fois que ton chat suit ton doigt, tu peux t’en servir pour lui apprendre plein d’autres choses. Chez nous, c’est de là que sont nés l’épaule, le sac et « tourne ».
Monter sur l’épaule
Grâce au doigt, on guide Poppy vers l’épaule, en suivant les trois étapes. En balade, je la fais monter dans trois situations. Quand on croise un chien, quand on doit traverser une route, et quand elle est fatiguée ou décide de ne plus avancer. L’épaule, c’est à la fois son petit refuge, un moyen de la mettre en sécurité, et une façon facile de la porter.
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Rentrer dans son sac
Même principe, le doigt guide Poppy jusque dans le sac. C’est la commande qui nous rassure le plus. Quand on croise un chien, quand il y a trop de monde, ou en cas d’urgence, on peut la mettre à l’abri en quelques secondes. Et le sac reste son refuge, un endroit où elle choisit aussi d’aller d’elle-même quand elle en a besoin.
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Le suivi naturel
C’est ce que j’ai le plus repris de l’éducation canine. Marcher avec Poppy sans longe, et qu’elle nous suive d’elle-même. C’est un objectif avancé, qui demande un rappel solide, un GPS et un lieu calme, jamais en ville. Je t’explique tout dans Promener son chat sans laisse.
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Ce qui m’a le plus surprise, une chatte qui vit comme nos chiens
En éduquant Poppy comme un chien, je ne m’attendais pas à ce qu’elle se comporte vraiment comme un chien. J’ai eu des chats toute ma vie. Ils se baladaient librement dehors, et ils étaient extrêmement indépendants. Ils ne nous suivaient pas quand on sortait, et ne restaient pas spécialement avec nous quand on se posait quelque part.
Poppy, si. Quand on part se balader, elle est avec nous. Quand on voyage, elle est avec nous. Quand on reste à la maison, elle est avec nous. Si on brunche dans le jardin, elle reste près de nous, comme les chiens. Elle nous voit vraiment comme son point de repère, et ce n’est pas un chat qui fait sa vie de son côté.
Je ne pense pas que ce soit juste son caractère. Je pense qu’elle a appris à rester avec nous, parce qu’elle a toujours été avec nous. Et je pense qu’elle s’est en partie calquée sur Kala et Kirua, sur leur façon de vivre avec nous. Je n’ai aucune certitude, c’est un ressenti personnel, mais c’est ce que j’observe chaque jour.
Tes questions sur l’éducation du chat
Peut-on dresser un chat comme un chien ?
Oui, avec les mêmes outils, un marqueur, une récompense et des petites étapes. Ce qui change, c’est le rythme. Ton chat a besoin de plus de patience, d’une récompense qui le motive vraiment, et du droit de refuser.
Combien de temps par jour faut-il entraîner son chat ?
Avec Poppy, on faisait deux à trois séances de cinq minutes par jour au début. Mieux vaut plusieurs séances courtes et régulières qu’une longue séance de temps en temps.
Mon chat n’est pas motivé par la nourriture, que faire ?
Il y a souvent deux raisons. La première, c’est qu’il n’a pas encore trouvé SA récompense. Pour Poppy, les croquettes suffisent pour les exercices faciles, mais les friandises en tube la motivent comme rien d’autre. La deuxième, c’est qu’il a peut-être sa nourriture en libre accès. Au moment de la séance, il n’a tout simplement pas faim. Et si ton chat est surexcité, joue avec lui 10 à 15 minutes avant la séance.
Clicker ou voix, que choisir ?
Les deux ont la même fonction, dire à ton chat « c’est exactement ça ». Le clicker nous a rendu les débuts beaucoup plus faciles. La voix, elle, est toujours disponible. On a commencé au clicker avec Poppy, et aujourd’hui on utilise un « oui ».
Par quelle commande commencer ?
Par son prénom, puis par « viens » au doigt. Une fois que ton chat suit ton doigt, tu peux t’en servir pour lui apprendre presque tout le reste, l’épaule, le sac ou « tourne ».
Un chat qui apprend, c’est un chat qui te fait confiance
Éduquer son chat comme un chien, ce n’est pas en faire un chien. Pour Poppy, c’était lui donner des repères, et une façon de communiquer avec nous. Aujourd’hui, c’est ce qui nous permet de partir à l’aventure ensemble, sereins. Commence par son prénom et par ton doigt, avec quelques minutes par jour. Ton chat te surprendra, à son rythme.
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